La présence du vide


Mes escapades clandestines dans des lieux désaffectés me permettent de réinventer l’anodin, ces lieux peuplés de fantômes deviennent une porte d’accès vers un monde étrange.
Ce monde ambivalent, entre univers poétiques et scènes d’après-guerre, véhicule une part de mystère. Mais peut-être que son secret ne réside pas tant du côté de la chose vue que du côté de celui qui regarde.

Il y a une présence dans le vide qui opère un basculement de nos perceptions. L'abandon présuppose une présence. Pénétrer dans ces lieux, c’est invoquer le passé, notre passé, les peurs et les rêves de l’enfance, les traces de notre société. En invoquant le passé on questionne notre présent.
Le temps qui passe, qui rend tout élément moins lisse, plus sale, qui crée des aspérités, de la rouille  jusqu’à la disparition, finira t-il par tout effacer ?

J’invite à une expérience perceptive, à pénétrer dans un espace mental peuplé de réminiscence, je questionne sur le temps qui passe, les traces, l’abandon qui peuplent les recoins de notre géographie mentale.
Peut-il y avoir cohabitation entre résilience et résistance au temps ?